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2019

Cuivre

Le sulfate de cuivre – CuSO4 – est autorisé en Agriculture Biologique(AB) et constitue le produit principal pour la lutte contre les maladies de la vigne. En AB, l’utilisation est limitée à 4 kg/ha/an; pour permettre de traiter le vignoble lors d’une mauvaise année (une année avec plus de maladies que d’habitude) on fait la moyenne sur 3 ans.

Ces derniers temps cette pratique a été mise en cause par certains organismes, qui argumentent que la nocivité du cuivre restant dans les sols est élevée. Selon eux, les apports de cuivre dans la nature doivent être réduits, voir totalement arrêtés. Le résultat serait donc un retour vers les pesticides classiques- et donc synthétiques- et, en conséquence, la mort de la viticulture biologique.

J’ai voulu en savoir plus sur le cuivre, sa présence dans le sol, et ses effets sur la santé. Et j’ai voulu savoir sur quelles recherches se basent la commission européenne proposant l’arrêt de l’apport en cuivre. Pour cela, j’ai effectué des recherches sur internet, et j’ai entrepris un travail intensif dans des bibliothèques universitaires, incluant la lecture de monographies ainsi que de publications scientifiques dans des périodiques.

Une multitude de publications sur les effets sur l’homme

Le cuivre est essentiel pour la santé des organismes, des plantes, des animaux et donc de l’homme. En conséquence, un grand nombre de publications décrivent, parfois d’une manière très détaillée, ces effets. En résumé : sans cuivre notre métabolisme ne fonctionne pas. Avec trop de cuivre des maladies peuvent se développer.

Peu de publications sur le cuivre dans la nature

Autant qu’il y a des publications sur les effets médicaux, aussi peu il y a sur le cycle du cuivre dans la nature! Je n’ai pas trouvé un schéma qui retrace, par exemple, le cycle du cuivre dans les sols, l’eau, et les différents dépôts. En 2003, la chambre des députés en Allemagne s’est penchée sur la question de l’utilisation du cuivre dans l’agriculture biologique, sans qu’une inquiétude particulière soit constatée. Un article relate les effets du cuivre sur des populations d’abeilles sauvages au Brésil, d’autres indiquent la nécessité de développer des plants de vignes résistants aux maladies. En 2018, lors des ‘Journées du Cuivre’ européennes, la discussion trouve un consensus en limitant l’utilisation du cuivre à 4 kg/ha/an, et ceci pour les 7 ans à venir.

Quelles perspectives pour le vigneron bio?

Pour l’instant, il semble que l’agriculture bio -et d’ailleurs également l’agriculture intensive- peuvent continuer à utiliser le cuivre comme pesticide, mais ceci d’une manière très encadrée en ce qui concerne le bio. La concentration reste la même que celle qui est déjà utilisée, au moins pour les années à venir. Néanmoins, cet épisode nous montre que :

  • rien ne semble être acquis dans nos méthodes de production
  • il faut défendre ce qui a été construit en agriculture biologique
  • il faut exploiter toutes les alternatives qui s’offrent à nous, par exemple le développement de souches résistantes aux maladies.

Je vois ici un challenge pour nos associations professionnelles, nos politiques et nos chercheurs pour sauver ce qui a été construit avec tant de labour. Sauvons l’agriculture biologique!